À la rencontre des coopératives – n°1 : la coopérative Asnli d'Immouzer Marmoucha
Traduit de l’anglais.
La genèse de cette série
Comme la plupart d'entre vous le savent sans doute, notre mission repose avant tout sur une conviction profonde : il faut supprimer toutes les barrières entre les artisans marocains et leurs clients du monde entier.
En général, quand nous parlons de cette mission, on pense d'abord à aider les artisans à se libérer des intermédiaires qui les exploitent. Et pour cause, puisque c'est bien la principale raison pour laquelle Anou a vu le jour.
Pourtant, un aspect moins connu de notre mission consiste à encourager les artisans à raconter eux-mêmes leur histoire, sans filtre ni intermédiaire.
Pourquoi est-ce important ? N'aurions-nous pas pu simplement raconter leur histoire avec nos propres mots ?
Laisser les artisans raconter leur histoire avec leurs propres mots compte pour plusieurs raisons. D'abord, et c'est le plus évident, qui de mieux placé pour raconter une histoire que ceux qui la vivent au quotidien ?
Ensuite, et surtout, cela rejoint notre objectif à long terme : permettre aux artisans de devenir des chefs d'entreprise indépendants. Le storytelling occupe une place essentielle dans la gestion d'une entreprise aujourd'hui (et, pourrait-on dire, depuis toujours). Nous voulons donc que les artisans d'Anou développent les compétences nécessaires pour raconter leur propre histoire.
Voici « À la rencontre des coopératives »
Pour toutes ces raisons, nous sommes ravis de vous présenter le premier article d'une nouvelle série consacrée aux artisans d'Anou.
Dans cette série, notre mentor marketing chez Anou interviewera régulièrement des membres de certaines de nos coopératives préférées. Il leur demandera comment elles ont débuté, quelles difficultés elles ont rencontrées et quels espoirs elles nourrissaient pour l'avenir. Pour beaucoup d'entre elles, c'était la première fois qu'on les interrogeait sur leur parcours. Le résultat : une série d'entretiens vidéo bruts et sincères que nous partagerons d'abord avec vous sur Instagram, puis sur le blog.
Pour ce tout premier article, nous avons rencontré Aicha Bertal, présidente de la coopérative Asnli. Si vous préférez regarder la vidéo, faites défiler jusqu'à la fin de l'article pour découvrir l'entretien filmé avec Aicha.
C'est parti !

Aicha Bertal, de la coopérative Asnli

Youssef :
Bonjour Aicha, je suis heureux de vous recevoir. Pourriez-vous vous présenter ?
Aicha :
Bien sûr. Je m'appelle Aicha Bertal, je suis née en 1987, je suis mariée et mère de trois enfants. Je suis la présidente de la coopérative Asnli à Immouzer Marmoucha.
Youssef :
Pourriez-vous nous raconter un peu vos débuts ?
Aicha :
Quand nous sommes arrivées à Immouzer, nous tissions des tapis en petit groupe, généralement 3 ou 4 femmes, des voisines et des membres de la famille. Une fois nos tapis terminés, il y avait ces gens (les intermédiaires) qui nous les achetaient. Alors, dès que nous finissions un tapis, nous l'exposions au bord du chemin pour que les intermédiaires le voient. Ils nous l'achetaient ensuite à un prix très bas.
Nous avons continué à travailler ainsi jusqu'au jour où nous nous sommes dit :
Pourquoi ne pas nous unir, créer une coopérative et trouver un moyen de commercialiser nos produits ?
Et c'est ce que nous avons fait. Au début de la coopérative, nous avons continué à travailler comme avant (avec les intermédiaires), en fabriquant des tapis et en les vendant à un prix très bas.
Il y a environ 2 ans, nous avons découvert Anou. Grâce à cette plateforme, nous avons appris que nos produits plaisaient beaucoup, que les prix étaient plus élevés que ce que nous pensions, et notre coopérative s'est vite fait connaître. Aujourd'hui, nous vendons non seulement au Maroc, mais aussi à l'étranger !
Cela nous a motivées à faire de gros efforts pour améliorer nos tapis, y intégrer de nouveaux motifs et faire progresser notre artisanat.
Youssef :
Une vraie success story ! Et comment s'est passée votre collaboration avec l'équipe d'Anou ?
Aicha :
Nous avons beaucoup appris. Avant, nous ne faisions pas vraiment attention aux couleurs ni à la laine que nous utilisions. Maintenant, pour chaque produit que nous nous apprêtons à fabriquer, nous veillons à ce que les couleurs s'accordent bien et à ce que la laine soit de bonne qualité. Nous nous assurons aussi que le tapis ne s'effilochera pas avec le temps. Bref, nous apportons le plus grand soin à chaque étape pour obtenir un tapis de bonne qualité.
Une difficulté que nous rencontrions, c'étaient les commandes sur mesure avec un motif précis. Nous avions du mal à reproduire ce motif sur le tapis. Les calculs étaient difficiles à faire correctement. Mais aujourd'hui, grâce au plan de Meriem (la responsable de production d'Anou), nous savons où en est le tapis. Nous sommes désormais presque sûres à 100 % de l'aspect final du tapis et de la justesse du motif. Travailler avec un plan nous a énormément simplifié la tâche.
Youssef :
Tout cela est formidable. Pour finir, quels sont vos objectifs pour l'avenir ?
Aicha :
Mon objectif, comme celui de toutes les membres de la coopérative, est de développer notre coopérative et de la faire connaître au plus grand nombre. Surtout, nous voulons que notre travail acharné soit reconnu et qu'il porte enfin ses fruits pour nous. Nous voulons que la coopérative prospère !
Youssef :
Merci infiniment, Aicha.
En savoir plus
Nous espérons que vous avez apprécié ce petit entretien avec Aicha ! Si vous souhaitez en savoir plus sur Asnli et découvrir quelques-unes de leurs magnifiques créations, rendez-vous sur leur page Anou.
À très bientôt pour l'épisode n°2 !
L'enregistrement vidéo de l'entretien
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