Contribuer au brillant avenir de la communauté des start-up au Maroc
Traduit de l’anglais.

Si la communauté marocaine des start-up et des entrepreneurs sociaux reste relativement modeste comparée à celle de nombreux pays du Moyen-Orient, un noyau de Marocains talentueux et déterminés entend bien changer la donne. La semaine dernière, l’équipe d’Anou a eu la chance de côtoyer bon nombre d’entre eux à la Conférence marocaine de l’entrepreneuriat social, à Casablanca.
Il y a quelques semaines, Anou a été invitée à intervenir lors de cette conférence, et nous étions ravis d’y participer. Fidèles à la vision d’Anou, celle d’une plateforme conçue pour les artisans et gérée par eux, nous demandons toujours à des artisans remarquables qui utilisent Anou de faire la présentation, plutôt que de la faire moi-même. Cela leur offre l’occasion d’être reconnus pour le travail accompli, et les risques pris, en tant que pionniers d’Anou.
Mais faire une présentation devant plus de 100 personnes, dans une ville dont on a seulement entendu parler, peut être une expérience intimidante pour un artisan. Pour les y préparer, nous avons associé l’artisan Mustapaha Chaouai (Association Nahda), qui n’avait jamais fait de présentation, à l’artisane Rabha Akkaoui (Coopérative Chorouk), qui avait déjà pris la parole lors d’une précédente conférence.
Nous avons passé la soirée de la veille à préparer la présentation, puis avons fait une dernière répétition une heure avant le créneau de Rabha et Mustapha. Cette préparation approfondie ne vise pas seulement à garantir que les artisans fassent une excellente présentation : elle leur donne aussi l’occasion de comprendre le pourquoi d’Anou, et pas seulement le comment. Cela nous aide, en retour, à bâtir une communauté d’artisans qui croient en la vision que porte Anou et qui la défendent.
Anou a toujours été bien accueillie lors des conférences où des artisans ont pris la parole. Mais cette fois, Rabha et Mustapha ont été applaudis dès la moitié de leur présentation, puis ont reçu une ovation debout de la part des plus de 100 participants à la fin. Tout au long de la journée, de nombreux participants sont venus serrer Rabha et Mustapha dans leurs bras et les remercier de leur avoir donné l’envie de continuer à bâtir leur propre start-up ou entreprise sociale. Je dois avouer qu’il était assez amusant d’observer l’air perplexe de Rabha et Mustapha pendant ces embrassades : pour eux, ils n’avaient fait qu’une présentation. Mais ils ont peu à peu compris qu’ils avaient touché une corde sensible au sein de la jeune communauté marocaine des start-up.
Les raisons pour lesquelles l’écosystème des start-up au Maroc accuse un retard sur de nombreux autres pays du Moyen-Orient sont multiples. Mehdi Reghai a écrit un excellent article (disponible uniquement en français) qui aborde le sujet et en cite de nombreuses causes : une géographie cloisonnée, le manque de recherche et développement, des infrastructures déficientes et des systèmes éducatifs en déliquescence. Zak El Fassi, le premier programmeur formé au Maroc à avoir travaillé chez Google, estime que l’économie de consommation marocaine n’a pas encore évolué vers une économie de création. D’après notre propre expérience chez Anou, nous percevons sans cesse, en filigrane de nombreuses conversations, le sentiment que les Marocains ne se croient tout simplement pas capables de réaliser de grandes choses.
Aucune de ces opinions n’est fausse. En réalité, elles contribuent toutes à faire du Maroc ce qu’il est aujourd’hui. Des tisserandes d’un village rural qui attendent que d’autres vendent leur travail à leur place à l’entrepreneur social en herbe, porteur d’un grand rêve, freiné par le pessimisme de son entourage, le Maroc se retrouve souvent à attendre que quelque chose se passe plutôt qu’à prendre activement son avenir en main.
La présentation de Mustapha et Rabha a touché une corde sensible parce qu’elle remettait justement en cause cet état d’esprit. Quand des artisans parviennent à innover pour contourner les problèmes d’infrastructure, peut-être la communauté des start-up peut-elle désormais voir le manque d’infrastructures comme un atout plutôt qu’un obstacle. Quand une artisane qui n’a été scolarisée que jusqu’au CM1 est capable de livrer l’une des interventions les plus marquantes d’une conférence, pourquoi un Casablancais ambitieux et diplômé de l’université ne pourrait-il pas en faire autant, voire davantage ?
Voilà pourquoi Anou compte. Oui, la version simple d’Anou, c’est qu’elle offre aux artisans une meilleure rémunération que le commerce équitable classique. Mais une meilleure rémunération n’est que la conséquence d’une conviction qui s’éveille : oui, les artisans eux-mêmes sont peut-être capables de réaliser de grandes choses. Ce changement d’état d’esprit est contagieux, bien au-delà des seuls artisans ; le week-end dernier, il a gagné de nombreux membres de la communauté marocaine des start-up.
Bonne nouvelle : Anou n’est qu’un fil parmi tant d’autres qui tissent l’avenir prometteur du Maroc en tant que communauté de start-up de premier plan. Grâce à des personnes comme Adnane Addioui et Manal El Attir, qui incitent la jeunesse marocaine à lancer ses propres projets à travers Fursa Challenge et Enactus, Kenza Lahou, qui bâtit une communauté d’entrepreneurs avec Start Up Your Life, Zak El Fassi de JobFinder.ma, dont le talent brut de développeur montre ce dont les Marocains sont capables avec quelques lignes de code, et même le regretté Karim Jazouani des Nexties, qui a favorisé une culture de collaboration désintéressée dans le secteur technologique marocain, il est clair que les plus beaux jours de la communauté marocaine des start-up sont encore à venir.
Notre équipe, ainsi que de nombreux artisans à travers le Maroc, sont enthousiastes à l’idée de prendre part à ce brillant avenir.

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Pour en savoir un peu plus sur plusieurs start-up que notre équipe a appris à connaître, dont certaines ont présenté lors de la conférence, découvrez les liens suivants :
Looly’s Pearls : une entreprise de couscous dirigée par des femmes, déterminée à redonner une image nouvelle aux traditions culinaires marocaines.
JobFinder.ma : un moteur de recherche d’emploi marocain aux ambitions régionales.
Stagaires.ma : un portail permettant aux étudiants marocains de trouver des stages.
Clothes That Care : une boutique en ligne sur le principe « un acheté, un donné ».
Start Up Your Life : une communauté de Marocains engagés dans le développement de l’écosystème des start-up au Maroc.
Moroccan Center for Innovation and Social Entrepreneurship : une plateforme engagée à stimuler le changement social au Maroc par l’innovation et l’entrepreneuriat.
Anarouz : une entreprise sociale engagée dans le soutien aux artisanes.
IT Pills : un système électronique qui aide les patients à penser à prendre leurs médicaments. Lancé par deux jeunes entrepreneurs.
Nexties : le magazine technologique en ligne du Maroc.
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